Bonjour
Le LeFang 23.8 est un monotype inspiré de l'histoire Chinoise et conçu pour avoir les performances d'un voilier moderne.
Sa coque en bois est inspiré de la découverte archéologique d'un navire de la route de la soie maritime à Quanzhou.
Avec une surface de voile de 31,1 m2 pour une masse de 2 tonnes, le LeFang 23.8 est la première jonque de régate certifié CE.
Il est équipé de deux voiles de jonque modernes cambrées et de deux dérives extérieures avec des profils hydrodynamiques.
Les premiers bords dans la baie de Hong Kong.
https://b23.tv/AjIwz73
Eric
une jonque monotype de course grée en jonque à Hong Kong
3 messages
• Page 1 sur 1
une jonque monotype de course grée en jonque à Hong Kong
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
- Eric
- Messages: 282
- Inscription: 23 Mar 2014, 16:19
- Localisation: Morlaix
Re: une jonque monotype de course grée en jonque à Hong Kong
L’histoire complète de la jonque monotype de régate Le Fang 23.8 est assez longue.
Mon cheminement vers l’architecture navale des jonques a commence il y a une dizaine d’années quand j’ai observé que certaines caractéristiques des jonques traditionnelles étaient incorporées avec succès dans la conception des voiliers modernes. Il y a eu l’évolution des voiles triangulaires vers des voiles trapézoïdales, des voiles entièrement lattés, le remplacement des quilles fixes par des dérives dans les voiliers de grande croisière et l’évolution du ratio longueur largueur qui descendait en dessous de trois. De toute évidence, les croiseurs océaniques expérimentés choisissaient de plus en plus les gréements de jonque pour des croisières au long cours.
Ces observation m’ont encouragé à aller fouiller plus profondément dans les principes ancients de conception des jonques chinoises qui, à une époque pré-coloniale, dominaient les océans. Mes recherches m’ont conduite à un sujet particulièrement fascinant - une page de la dynastie Song (960-1279) découverte en 1974 à Quanzhou (l’ancient port de Payton). Contrairement aux jonques de pêche modernes, ce navire avait une section de coque caractéristique en « verre à vin » similaire à celle des drakkars Viking. (ils n’ont pas du se rencontrer !) La découverte archéologique d’encens, dans la cargaison de l’épave, a démontré concrètement que ce bateau avait parcouru la route maritime de la soie depuis l’Arabie.
En utilisant la modélisation par ordinateur pour analyser les lignes de la coque, j’ai découvert que cette conception ancienne présentait une plus grande stabilité et une trainée moindre en comparaison avec les jonques de pêche modernes. Pour valider ces résultats, j’ai construits un prototype en verre polyester de 10 mètres en 2019 - le Le Fang 33.8. Comme prévu, les performances du bateau étaient exceptionnelles dans la plupart des conditions de vent et de mer, bien que nous ayons rencontré des problèmes lors des virements de bords. La raideur de la coque due à la grande largeur apportait de la stabilité et de la puissance sous voile.
(A suivre…)
John Kwong
Mon cheminement vers l’architecture navale des jonques a commence il y a une dizaine d’années quand j’ai observé que certaines caractéristiques des jonques traditionnelles étaient incorporées avec succès dans la conception des voiliers modernes. Il y a eu l’évolution des voiles triangulaires vers des voiles trapézoïdales, des voiles entièrement lattés, le remplacement des quilles fixes par des dérives dans les voiliers de grande croisière et l’évolution du ratio longueur largueur qui descendait en dessous de trois. De toute évidence, les croiseurs océaniques expérimentés choisissaient de plus en plus les gréements de jonque pour des croisières au long cours.
Ces observation m’ont encouragé à aller fouiller plus profondément dans les principes ancients de conception des jonques chinoises qui, à une époque pré-coloniale, dominaient les océans. Mes recherches m’ont conduite à un sujet particulièrement fascinant - une page de la dynastie Song (960-1279) découverte en 1974 à Quanzhou (l’ancient port de Payton). Contrairement aux jonques de pêche modernes, ce navire avait une section de coque caractéristique en « verre à vin » similaire à celle des drakkars Viking. (ils n’ont pas du se rencontrer !) La découverte archéologique d’encens, dans la cargaison de l’épave, a démontré concrètement que ce bateau avait parcouru la route maritime de la soie depuis l’Arabie.
En utilisant la modélisation par ordinateur pour analyser les lignes de la coque, j’ai découvert que cette conception ancienne présentait une plus grande stabilité et une trainée moindre en comparaison avec les jonques de pêche modernes. Pour valider ces résultats, j’ai construits un prototype en verre polyester de 10 mètres en 2019 - le Le Fang 33.8. Comme prévu, les performances du bateau étaient exceptionnelles dans la plupart des conditions de vent et de mer, bien que nous ayons rencontré des problèmes lors des virements de bords. La raideur de la coque due à la grande largeur apportait de la stabilité et de la puissance sous voile.
(A suivre…)
John Kwong
- Fichiers joints
-
- Jonque de la dynastie Song
- DSC02717.JPG (46.83 Kio) Vu 2893 fois
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
- Eric
- Messages: 282
- Inscription: 23 Mar 2014, 16:19
- Localisation: Morlaix
Re: une jonque monotype de course grée en jonque à Hong Kong
LE MYTHE D’UNE COQUE LARGE
L’épave de la dynasty Song présentait un challenge de taille - Il manquait son étrave, son pont et une partie de la poupe. Pour reconstruire les lignes de la coque, j’ai dû faire des hypothèses éclairées sur le livet. Le résultat est une coque qui se révèle être exceptionnellement large avec un rapport longueur - largeur de 2,85; une valeur que l’on retrouve rarement sur les bateaux modernes. Cependant des sources historiques suggèrent que la flotte de l’amiral Zheng He avait des coques encore plus ventrues , avec des rapports allant de 2, 45 à 2,66. Cette anomalie m’a confronté à un dilemme : devais-je suivre la preuve archéologique ou devais-je me conformer aux normes de l’architecture navale contemporaine ?
Les voiliers modernes affichent occasionnellement des rapports longueur largueur inférieurs à 3, mais leur maitre bau se trouve typiquement très en arrière près de la poupe, se soulevant en dehors de l’eau lorsque le bateau remonte au près. Les navigateurs expérimentés savent que l’asymétrie de la partie immergée de la coque d’un bateau qui gite rend le bateau ardent - un phénomène hydrodynamique qui augmente avec la largeur. Une coque plus large sera plus ardente et demandera un plus grand ajustement du centre de voilure (CV) pour maintenir le bateau équilibré.
Finalement, j’ai choisi de suivre les découvertes archéologiques, faisant confiance à l’ingénuité des maîtres charpentiers chinois des temps anciens. Les données historiques suggèrent que les gréements permettant de positionner longitudinalement la voile ont été développés dès la dynasty Han, ce qui permettrait d’ajuster le centre de voilure pour équilibrer le bateau. Ils avaient dû résoudre le problème des coques larges et ardentes.
De naviguer, pour la première fois, sur ce bateau médiéval, avait comme un parfum de résurrection d’un dinosaure de Jurassic Park. La coque très large s’est montrée remarquablement stable et raide, exploitant la puissance du gréement de jonque - une constatation cohérente avec les observations de Annie Hill selon lesquelles les bateaux à fonds plats se marient exceptionnellement avec le gréement de jonque. Comme prévus, nous avons constaté une tendance du bateau à être ardent, mais la possibilité unique de la voile de jonque d’être basculée d’avant en arrière - bien supérieur à que ce que l’on peut faire avec un gréement bermudien - permet d’équilibrer le bateau facilement en déplaçant le centre de voilure vis à vis du mât.
L’expérimentation a prouvé que les sections en verre à vin très larges, en combinaison avec le gréement de jonque, donnaient une synthèse exceptionnelle de stabilité, de puissance et d’adaptabilité sur les quillards conventionnels aux gréement bermudien sont tout simplement incapable d’atteindre.
Le faible tirant d’eau de la coque ventrue donne accès à des eaux peu profondes - permettant aux vaisseaux de trouver refuge contre les tempête au fonds des estuaires ou dans les lagoons. Ce tirant d’eau minimal permet aussi de s’échouer volontairement, pour effectuer des réparations d’urgence, sur l’amplitude d’une marée. Contrairement à un bateau étroit doté d’une quille profonde, une coque large avec un lest intérieur navigue plus vite aux allures abattues, avec moins de trainée. Les performances au près sont conservées grace à des dérives latérales ou centrales - configuration aujourd’hui communément adoptée par les bateaux de grandes croisières pour leur polyvalence en navigation côtières et océaniques.
(A suivre)
Eric
L’épave de la dynasty Song présentait un challenge de taille - Il manquait son étrave, son pont et une partie de la poupe. Pour reconstruire les lignes de la coque, j’ai dû faire des hypothèses éclairées sur le livet. Le résultat est une coque qui se révèle être exceptionnellement large avec un rapport longueur - largeur de 2,85; une valeur que l’on retrouve rarement sur les bateaux modernes. Cependant des sources historiques suggèrent que la flotte de l’amiral Zheng He avait des coques encore plus ventrues , avec des rapports allant de 2, 45 à 2,66. Cette anomalie m’a confronté à un dilemme : devais-je suivre la preuve archéologique ou devais-je me conformer aux normes de l’architecture navale contemporaine ?

Les voiliers modernes affichent occasionnellement des rapports longueur largueur inférieurs à 3, mais leur maitre bau se trouve typiquement très en arrière près de la poupe, se soulevant en dehors de l’eau lorsque le bateau remonte au près. Les navigateurs expérimentés savent que l’asymétrie de la partie immergée de la coque d’un bateau qui gite rend le bateau ardent - un phénomène hydrodynamique qui augmente avec la largeur. Une coque plus large sera plus ardente et demandera un plus grand ajustement du centre de voilure (CV) pour maintenir le bateau équilibré.
Finalement, j’ai choisi de suivre les découvertes archéologiques, faisant confiance à l’ingénuité des maîtres charpentiers chinois des temps anciens. Les données historiques suggèrent que les gréements permettant de positionner longitudinalement la voile ont été développés dès la dynasty Han, ce qui permettrait d’ajuster le centre de voilure pour équilibrer le bateau. Ils avaient dû résoudre le problème des coques larges et ardentes.
De naviguer, pour la première fois, sur ce bateau médiéval, avait comme un parfum de résurrection d’un dinosaure de Jurassic Park. La coque très large s’est montrée remarquablement stable et raide, exploitant la puissance du gréement de jonque - une constatation cohérente avec les observations de Annie Hill selon lesquelles les bateaux à fonds plats se marient exceptionnellement avec le gréement de jonque. Comme prévus, nous avons constaté une tendance du bateau à être ardent, mais la possibilité unique de la voile de jonque d’être basculée d’avant en arrière - bien supérieur à que ce que l’on peut faire avec un gréement bermudien - permet d’équilibrer le bateau facilement en déplaçant le centre de voilure vis à vis du mât.
L’expérimentation a prouvé que les sections en verre à vin très larges, en combinaison avec le gréement de jonque, donnaient une synthèse exceptionnelle de stabilité, de puissance et d’adaptabilité sur les quillards conventionnels aux gréement bermudien sont tout simplement incapable d’atteindre.
Le faible tirant d’eau de la coque ventrue donne accès à des eaux peu profondes - permettant aux vaisseaux de trouver refuge contre les tempête au fonds des estuaires ou dans les lagoons. Ce tirant d’eau minimal permet aussi de s’échouer volontairement, pour effectuer des réparations d’urgence, sur l’amplitude d’une marée. Contrairement à un bateau étroit doté d’une quille profonde, une coque large avec un lest intérieur navigue plus vite aux allures abattues, avec moins de trainée. Les performances au près sont conservées grace à des dérives latérales ou centrales - configuration aujourd’hui communément adoptée par les bateaux de grandes croisières pour leur polyvalence en navigation côtières et océaniques.
(A suivre)
Eric
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
- Eric
- Messages: 282
- Inscription: 23 Mar 2014, 16:19
- Localisation: Morlaix
3 messages
• Page 1 sur 1
Qui est en ligne
Utilisateurs parcourant ce forum: Bing [Bot] et 7 invités